Viens t'asseoir près de mon pied de sauge à la tombée du jour. Il est en fleur, et il bourdonne. Je te raconte cette plante généreuse, la tasse qu'on en tire le soir, et pourquoi je la laisse toujours monter en fleur pour les abeilles.
L’article
Tiens, viens t'asseoir deux minutes près de mon pied de sauge, là, au coin du potager. Ferme les yeux et écoute. Tu entends ? Ça bourdonne. En cette fin de juillet, ma sauge est montée en fleur, de jolis épis bleu-violet, et depuis le matin les abeilles n'arrêtent pas. C'est mon petit spectacle de la fin d'été, et je ne m'en lasse pas.
Une plante généreuse, d'abord pour les abeilles

Beaucoup de gens coupent la sauge avant qu'elle fleurisse, pour garder les feuilles bien tendres. Moi, j'en laisse toujours un pied monter en fleur, exprès. Parce qu'une plante qui nourrit les abeilles avant de nous faire du bien, c'est une plante en qui on peut avoir confiance. Et puis, ces épis, c'est un garde-manger pour tout ce petit monde ailé quand le reste du jardin commence à fatiguer.
La sauge, son nom vient du latin salvia, de salvare, sauver, préserver. Nos anciens en pensaient le plus grand bien. Il y avait même un vieux dicton de nos campagnes, un peu vantard : « Pourquoi mourir quand la sauge pousse au jardin ? » Bien sûr, il ne faut pas le prendre au pied de la lettre. Mais ça te dit la place qu'elle avait, cette plante, dans les maisons d'autrefois.
La tasse du soir, quand les abeilles sont rentrées

Quand le soir tombe et que les butineuses sont rentrées, je cueille quelques feuilles, celles du bas, bien vertes. Une petite poignée dans une théière, de l'eau frémissante par-dessus, on couvre cinq bonnes minutes, pas plus, parce que la sauge est franche de goût et qu'elle a du caractère. Ça donne une infusion un peu poivrée, chaude, qu'on boit tranquillement après le dîner quand le ventre a un peu trop travaillé.
Les livres de mes grand-mères en parlaient surtout pour les femmes, pour les passages un peu chahutés de la vie, ces moments où la chaleur monte d'un coup. Je ne te promets rien, moi, je te transmets juste ce qu'on faisait. Si c'est ça qui te tracasse, j'en parle plus longuement de mon côté, tu verras plus bas.
Un mot quand même, parce que la sauge a du tempérament : on ne la boit pas à la louche, une tasse ou deux suffisent. Et on la laisse tranquille si tu attends un bébé ou si tu allaites, ce n'est pas le moment pour elle. Le bon sens de toujours, quoi.
Ce que je te souhaite cette semaine
Cette semaine, je te souhaite juste ça : de prendre cinq minutes, à la tombée du jour, pour t'asseoir près de tes plantes et écouter. Que tu aies un jardin, un balcon ou un simple pot de basilic sur le rebord de la fenêtre, il y a toujours quelque chose qui vit et qui bourdonne autour. C'est gratuit, ça repose, et ça remet les idées en place mieux que bien des choses.
Si tu veux faire plus ample connaissance avec elle, je t'ai préparé toute une fiche sur ma sauge. Et pour les grosses chaleurs qui traînent encore, souviens-toi de ma limonade de sauge et citron, celle qui fait tant de bien en été. Pour les bouffées de chaleur, c'est par ici que ça se passe. Et si ton ventre pèse après les repas de vacances, va voir ce que je fais pour la digestion difficile.
Je te laisse, mes abeilles m'attendent. Prends soin de toi, et écoute bourdonner ton jardin.





